Ce qui me fascine dans mon aventure, c est la marche sur le mur entre la vie et les grandes profondeurs annonciatrices de la mort. C est aussi le souvenir de ces profondeurs. Les réanimés ne se souviennent de rien (de rien, mais de conversations entre les médecins !). La rencontre avec la part de l homme qui marche, geint ou hurle quand la conscience n est pas là. J ai été conscient de ne plus savoir où j étais -, d avoir perdu la terre. Pas d autre douleur que celle des autres, qui bat confusément cette chambre blanche où veille la petite lampe de la nuit comme, dans ma chambre de Bombay, la rumeur de l Océan battait la grève. Je suis lucide, d une lucidité limitée au ressassement d une terre de nulle part, à la stupéfaction devant un état ignoré. Ce qui s est passé n a rien de commun avec ce que j appelais mourir. En 1972, André Malraux, atteint d une maladie du sommeil , est hospitalisé à la Salpêtrière. De cette expérience va naître Lazare, un de ses plus beaux livres, celui qu il choisit pour clore le cycle du Miroir des limbes.
| Peso | 0.110000 |
|---|---|
| Editora | Gallimard |
| Altura | 18.0 cm |
| Largura | 11,0 cm |
| Formato | A= 18,0 x L= 11,0 x P= 1,0 cm |
| Profundidade | 1,0 cm |
| Paginas | 173 |
| Ano da Edicao | 2004 |
| Idioma | Frances |
| Capa | Capa comum |




