Raison et perception - Fonder l harmonie au XVIIIe siècle
Tout au long de l âge classique, la question du statut scientifique de la musique occupe les meilleurs esprits, de Beeckman et Descartes à Euler et d Alembert. Les grands enjeux de cette confrontation entre musique et mathématisation des phénomènes s illustrent particulièrement dans la tentative de Jean-Philippe Rameau pour fonder en nature le système de l harmonie et le sentiment qui nous la manifeste. Cette entreprise associe en effet une conception nouvelle et originale des principes de l écriture musicale (ce que l on désignera plus tard comme tonalité harmonique), des spéculations arithmétiques plus traditionnelles et les résultats expérimentaux d une physique de la vibration dont les concepts (ainsi l élasticité) se dégagent depuis la fin du XVIIe siècle. A cet égard, la théorie ramiste fournit aux encyclopédistes le motif d une réflexion épistémologique sur les conditions d une application légitime des sciences les unes aux autres. Mais l ambition de découvrir l origine naturelle de l harmonie mobilise également des hypothèses sur la perception musicale, qui articule des caractères physiologiques et une activité configuratrice dont l élucidation (s agit-il d un jugement, ou d un sentiment simple ?) suscite l opposition exemplaire de Rousseau à Diderot. Le problème des fondements de l harmonie éclaire donc d un jour nouveau l empirisme des Lumières, comme théorie de la connaissance et comme philosophie de la perception.
| Peso | 0.400000 |
|---|---|
| Editora | Vrin |
| Altura | 22.0 cm |
| Largura | 14,0 cm |
| Formato | A= 22,0 x L= 14,0 x P= 1,0 cm |
| Profundidade | 1,0 cm |
| Paginas | 320 |
| Ano da Edicao | 2001 |
| Idioma | Frances |
| Capa | Capa comum |




